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La task force wallonne pour l’Einstein Telescope EMR souffle sa première bougie

« À l’automne, nous organiserons, avec les Chambres de Commerce et d’Industrie wallonnes, un roadshow qui nous conduira dans plusieurs régions de Wallonie — notamment à Liège, Namur, Mons et Charleroi — afin de rencontrer les PME. Il s’agira d’entreprises qui disposent déjà de technologies susceptibles de répondre aux besoins futurs de l’Einstein Telescope. Cette première phase sera suivie d’une série de workshops thématiques consacrés aux défis technologiques et industriels, destinés à favoriser les collaborations entre entreprises, chercheurs et porteurs de projets. »

Cette annonce illustre la mission centrale de cette première année pour Michel Stassart, qui en dresse un bilan positif, centré sur ce levier-clé : « Préparons dès aujourd’hui le tissu économique et industriel wallon à accueillir les travaux liés au télescope et à intégrer les futures chaînes de valeur. »

Pour une collaboration internationale

À la tête de cette task force, pilotée depuis le GRE Liège avec le soutien du Gouvernement wallon, Michel Stassart coordonne les efforts de la Wallonie en faveur de la candidature de l’Eurégio Meuse-Rhin pour accueillir le futur observatoire d’ondes gravitationnelles. La Wallonie contribue ainsi aux travaux du bureau de projet, tant au niveau opérationnel qu’au sein de sa direction, participe à la task force eurégionale qui réunit les gouvernements partenaires et est également représentée au sein de l’Einstein Telescope Organisation (ETO), l’organisation internationale qui coordonne les scientifiques, organismes de recherche et institutions partenaires impliqués dans le développement du projet.

Pour l’économie et la valorisation industrielle

Après le kick-off de la dynamique industrielle lors de la soirée du 11 décembre 2025 au Val Benoit (Liège), qui a rassemblée les forces vives wallonnes autour du projet, « nous avons progressivement structuré un écosystème industriel capable d’anticiper les besoins du futur observatoire, » poursuit Michel Stassart.

Deux business developpers, Pierre-Jean Fondu et Vivian Lausier (Wallonie Entreprendre) ont pour mission d’informer les PMEs, de recenser celles qui disposent déjà de technologies industrielles susceptibles de répondre aux besoins du télescope, et également accompagner la structuration de projets préparatoires, en associant entreprises wallonnes, universités et centres de recherche afin de les préparer aux futures technologies de l’Einstein Telescope.

« L’objectif est clair : préparer dès aujourd’hui le tissu économique et industriel wallon à accueillir les travaux liés au télescope et à intégrer les futures chaînes de valeur, » résume Michel Stassart.

Pour l’excellence scientifique

La candidature de l’Einstein Telescope est avant tout un projet de science fondamentale. En Wallonie, chaque université de la Fédération Wallonie-Bruxelles participe aux projets préparatoires et apporte sa propre expertise.

Quatre projets de recherche — ETGEO, ETOPT, CRISTAL et ETLOG — permettent à la Wallonie d’étudier différents aspects de l’Einstein Telescope. Ces travaux couvrent l’ensemble du cycle de vie du projet, estimé à au moins cinquante ans : depuis les analyses du sous-sol pour déterminer le site le plus approprié jusqu’à l’exploitation des données scientifiques.

Giacomo Bruno, Christophe Collette et Frédéric Nguyen

ULiège

Dans la zone de recherche de l’Einstein Telescope, les équipes universitaires wallonnes jouent un rôle majeur dans les études de faisabilité. À l’Université de Liège (ULiège), prof. Frédéric Nguyen, vice-doyen à la recherche de la Faculté des Sciences appliquées, dirige les recherches ETGEO, qui combinent forages profonds et mesures des vibrations de surface à l’aide de géophones. Ces travaux permettent de mieux caractériser la géologie locale, de modéliser le sous-sol et d’évaluer le bruit sismique ambiant.

Au Centre Spatial de Liège, le laboratoire ET-CRISTAL, dirigé par le prof. Christophe Collette (ULiège, Laboratoire de mécatronique de précision), est devenu une plateforme expérimentale de référence pour la recherche sur les basses fréquences. Il accueille le plus grand miroir en silicium monocristallin jamais produit, fabriqué en Belgique par AMOS. Le laboratoire développe des technologies clés pour le télescope, notamment l’isolation des vibrations, les capteurs cryogéniques et les systèmes de suspension avancés.

UCLouvain

À l’Université catholique de Louvain-la-Neuve (UCLouvain), par exemple, prof. Giacomo Bruno dirige le laboratoire ET-OPT, spécialisé dans les instruments optiques haute fréquence du télescope, en complément des recherches menées sur les basses fréquences.

Dans le cadre de cette dynamique européenne, sa collègue, Dr. Chiara Arina, a rejoint en mars 2026 le bureau de direction de l’Einstein Telescope Organisation (ETO), où elle occupe la fonction de coordinatrice du personnel « in-kind », les contributions en personnel mises à disposition par les institutions afin de soutenir les études internationales pour le futur télescope.

De la diplomatie et stratégie internationale

Si les avancées scientifiques et industrielles constituent le socle de la candidature, sa concrétisation dépend également d’importants efforts diplomatiques au niveau européen. « Dans une telle compétition, la dimension internationale est déterminante. » insiste Michel Stassart.

Depuis Maastricht, où est installé le bureau de projet de la candidature trinationale au sein de l’Euregio Meuse-Rhin, la Wallonie contribue à cette stratégie grâce au détachement de deux experts.

Vassil Kolarov, détaché par Wallonie-Bruxelles International et membre depuis avril 2026 de l’équipe de direction du bureau de projet, est chargé de la stratégie internationale des partenaires de l’Euregio et de la diplomatie scientifique auprès des pays représentés au sein du Board of Governmental Representatives (BGR).

Meriam Ben Abdeljelil, détachée du SPW Économie, Emploi, Recherche, fait quant à elle partie de l’équipe chargée du bidbook, c’est-à-dire la rédaction du dossier de candidature. Elle suit égaement les travaux du BGR et contribue à la cohérence du dossier de candidature soumis aux États partenaires.

Pour l’enseignement et la formation eurégionales

Près de 34 000 années-personnes de travail pendant la phase de construction, 500 emplois directs et 1 150 emplois indirects durant l’exploitation, le projet représente un défi tant humain que technologique.

L’ambition des partenaires s’inscrit dans une approche d’apprentissage tout au long de la vie, depuis l’enseignement primaire jusqu’à la formation continue, faisant de l’Einstein Telescope un moteur du développement des compétences et de la sensibilisation scientifique.

« Investir dans les compétences est une condition essentielle pour que la région puisse pleinement bénéficier des retombées du projet, » insiste Michel Stassart.

Dans ce contexte, Marc Genten, détaché par la Province de Liège auprès de l’Euregio Meuse-Rhin, joue un rôle clé dans la structuration de la coopération transfrontalière en matière d’enseignement. Il coordonne l’implication des établissements d’enseignement supérieur dans les programmes de formation, avec une extension progressive vers l’enseignement secondaire.

Dans cette dynamique, la Wallonie participe également au projet eurégional NEXT3 (New Education for Cross-Border Technologies) qui se déroule à l’Einstein Academy situé à Heerlen aux Pays-Bas. Ce programme, auquel participent les hautes écoles HELMo et HEPL, développe une offre de formation commune en mécatronique et en technologies transfrontalières afin de préparer les compétences nécessaires aux futures technologies de l’Einstein Telescope.

Au niveau eurégional, cette initiative complète d’autres projets de coopération éducative, tels que Teach³, Connect’ED et CrossCircular, qui favorisent les échanges scolaires, l’orientation des jeunes et le développement de compétences dans des domaines d’avenir. Cette stratégie s’appuie sur un solide écosystème académique, renforcé par des déclarations d’intention signées entre universités (2025) et hautes écoles (2026) de l’Euregio Meuse-Rhin.

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